Paris-Climat 2015 : à la recherche d’un consensus mondial pour sauver le climat

FOCUS. Le ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius présentait le 14 mai dernier, accompagné d’experts, les enjeux de la Conférence Paris-Climat 2015. Vaincre le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle passe par la recherche d’un accord entre les nations pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et donc trouver de nouveaux moyens de produire, d’échanger et de consommer.

 « 500 jours pour éviter une catastrophe ». C’est le temps que s’est donné Laurent Fabius en ouverture de ce premier « Rendez-vous du quai d’Orsay » auquel il avait convié le 14 mai plusieurs experts à réfléchir sur les urgences climatiques, enjeux de la conférence internationale de décembre 2015 à Paris.

Délivrant un message positif, Jean Jouzel explique que « techniquement, c’est possible, on a les moyens de produire 50% de notre énergie avec du renouvelable, à faible coût, cela représente 6/100ème de diminution du PIB, il suffirait de retarder d’un an notre développement tous les 30 ans ».

« C’est demain ». Et il s’agit bien de faire accoucher d’un accord « juridiquement contraignant » entre les nations pour limiter à deux degrés l’augmentation des gaz à effet de serre d’ici 2100, le dernier rapport du GIEC prévoit 4 à 5 degrés de plus à ce rythme actuel. Alors que guette le « chaos climatique », l’élévation du niveau des océans, la fonte des glaciers, des catastrophes naturelles qui sont tout autant humaines, le ministre des Affaires Etrangères souhaite « cheminer vers un accord aussi universel que possible ». Cela afin de ne pas renouveler les échecs diplomatiques de précédents rendez-vous. Obtenir un accord qui permettrait de renverser la tendance du réchauffement. Difficile. Car il faut affronter les intérêts économiques des multinationales et des grandes puissances, l’industrialisation et le développement des pays pauvres et les activités qu’y délocalisent les pays riches.

2 degrés en moins

Envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, Nicolas Hulot fait remarquer que« par nombre d’habitants, les Etats-Unis polluent plus que la Chine. Aussi n’oublions pas aussi que nous externalisons beaucoup de nos émissions dans des pays comme la Chine et que nous avons notre part de responsabilité ».

Paléo-climatologue, membre et auteur du rapport du GIEC (Groupement Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat), Jean Jouzel en décrit l’objectif à atteindre : « si on veut que le réchauffement n’excède pas 2 degrés, il ne faudra pas produire plus d’un milliard de tonnes de déchets, il faut une diminution des gaz à effet de serre de 40 à 70% pour arriver à la fin du siècle à des émissions négatives ».

Nicolas Hulot évoque l’augmentation du coût des catastrophes naturelles outre-Atlantique passé de 3 milliards de dollars en 1980 à 30 en 2000 et à 200 rien que sur les deux dernières années. « Aux USA, les militaires pensent que le climat fait peser un danger identique au terrorisme, en Chine, la pollution fait craindre des mouvements de masse, ce sont deux acteurs dont on attend qu’ils fassent des propositions ».

De son côté Justin Vaïsse, directeur du Centre d’Analyse, de Prévision et de Stratégie précise « qu’il faut limiter à deux tonnes par an et par habitant la production de déchets alors qu’elle est aujourd’hui de 17 aux Etats-Unis, de 6 en France, de 2 en Inde. Il faudra trouver la solution pour résoudre l’équation, elle suppose une coopération ».

 « Retarder d’un an notre développement tous les 30 ans »

Cela demande de repenser notre modèle de production, certains comme Nicolas Hulot, le voient d’ailleurs comme une chance en termes de création d’emplois, de richesses. « Plus tôt on investira ce marché, plus forte sera la demande, il y a des forces disponibles pour cela ».

Cela demande de repenser notre modèle de production, certains comme Nicolas Hulot, le voient d’ailleurs comme une chance en termes de création d’emplois, de richesses. 

Le PDG de Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar voit lui aussi beaucoup d’opportunités dans l’émergence d’une économie verte en intégrant le carbone dans les décisions économiques et en associant financements publics et privés. « Nous pouvons être plus efficace sur le plan énergétique, les solutions existent déjà dans le bâtiment dans lequel nous savons déjà drastiquement réduire la consommation mais nous pouvons faire encore beaucoup d’efforts dans l’industrie et dans le domaine des transports ».

Délivrant un message positif, Jean Jouzel explique que « techniquement, c’est possible, on a les moyens de produire 50% de notre énergie avec du renouvelable, à faible coût, cela représente 6/100ème de diminution du PIB, il suffirait de retarder d’un an notre développement tous les 30 ans ».

L’expert en finance climatique congolais Tosi Mpanu Mpanu, en appelle lui à un transfert de technologie propre et rappelle les difficultés à réunir les 100 milliards du Fond vert de l’ONU, abondé par les pays riches et destiné à combattre les effets du réchauffement dans les pays les plus pauvres qui sont aussi les plus vulnérables écologiquement.

Rémy Darras

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