La République est en danger

Tribune

PAR MICHEL DRAY. A la veille du premier tour des élections régionales françaises, le président de Convergences Méditerranéennes dénonce la supercherie du vote Front National et en appelle au sursaut républicain.

 

Il y a quelques jours, en plein cœur du quartier d’affaires de la Joliette, j’avais une réunion avec les dirigeants d’une startup spécialisée dans la high-tech médicale. Autour de la table, il y avait aux côtés de Mohamed (1) président de la société, en compagnie de Nadia, son épouse, immunologiste réputée, de Pierre pour la partie financière, d’Omar, docteur en informatique et de David, docteur en mathématiques.

La première chose qui m’est venue à l’esprit a été de voir à quel point ces personnes sont l’image parfaite d’une France que nous appelons de nos vœux.
Ils ne trafiquent pas. Ils n’assassinent pas mais apportent chacun à sa manière une incomparable richesse à notre région. Animés par la passion de réussir, ils sont la réponse vivante à ceux qui à l’extrême-droite pensent qu’il n’y a de bons français que ceux dont la couleur de peau ne tolère aucun bronzage, autant dire le comble dans cette région si ensoleillée !

L’extrême-droite, n’en déplaise à ses arbalétriers nostalgiques de l’Inquisition médiévale, méprisent les Français en leur donnant des leçons pseudo-historiques. Le Front National, (car il faut savoir isoler les virus dangereux pour mieux les combattre) promet une France de plein-emploi, mais ne propose aucun programme économique cohérent ; une France à la croissance à deux chiffres mais ne propose aucun modèle de croissance ; une France où on ferait table rase de la séparation des Eglises et de l’Etat, en nous faisant croire qu’ils veulent maintenir le principe de la laïcité.

« Cette France-là n’est pas la nôtre : renvoyons-là aux poubelles de l’histoire »

L’extrême-droite c’est la France du mensonge, de la démagogie et de la xénophobie.

Une France de la honte qui a oublié les centaines de milliers de musulmans tombés durant les deux guerres mondiales pour la France. Une France du racisme qui a fermé les yeux quand des policiers au nom de Pétain ont envoyé hommes, femmes et enfants aux chambres à gaz.

Une France xénophobe qui a oublié qu’un certain Alain Mimoun a été champion Olympique pour ne citer que le plus célèbre de nos athlètes.

Une France charognard qui a l’outrecuidance de faire des voix sur les dépouilles encore fraiches des dernières victimes de Paris.

Une France hypocrite qui fait son fonds de commerce sur les exclus eux-mêmes victimes d’une politique économique suicidaire qui n’a eu de cesse de détruire le tissu industriel. Une France qui accuse la mondialisation de tous les maux, qui rêve d’un Etat replié sur-lui-même.

Une France inique où l’Autre devient suspect. Une France irresponsable qui ne propose rien mais accuse et n’hésite pas à créer une société anxiogène propice à une guerre civile qui ne dirait pas son nom.

Cette France-là n’est pas la nôtre : renvoyons-là aux poubelles de l’histoire.

L’extrême-droite veut plus de sécurité ? Ce ne sont que des mots et un régiment de bonnes intentions. Ce que cherche le Front National c’est le désordre, histoire de se faire des voix sur la misère des autres comme on se fait des parts de marché.

La République est en danger.

« Le Front National a trop longtemps pris en otage la République et ses valeurs pour mieux les dénaturer une fois au cœur de nos institutions »

Qu’on soit de culture de gauche ou de droite, nous sommes tous animés par la fierté d’être avant tout des Français, des enfants de Voltaire et pas de Pétain. Peu importe la couleur de notre peau. Seules comptent ces trois couleurs qui nous rassemblent : le bleu, le blanc et le rouge.

Votons pour des hommes et des femmes désireux de libérer l’économie, respectueux d’une vraie protection sociale sans pour autant favoriser l’assistanat en redonnant à nos enfants le goût de l’effort, en intégrant de manière obligatoire les cours d’instruction civique dans nos écoles, en plaçant nos trois couleurs dans chaque classe, en ouvrant les journées scolaires par la Marseillaise.

Visions ringardes me direz-vous ? Le Front National a trop longtemps pris en otage la République et ses valeurs pour mieux les dénaturer une fois au cœur de nos institutions. Nous n’avons pas le droit de jouer avec le feu. Nous devons empêcher le ver d’entrer dans le fruit aujourd’hui pour que dans six ans, nous ne disions pas « ah si j’avais su ! »

Dès le 6 décembre, prenons nos responsabilités.

Vive la République, Vive la France.

 

MICHEL DRAY

(1) Les prénoms ont été changés pour des raisons de confidentialité, mais je puis vous assurer que cette startup existe bel et bien à Marseille.

* Ce texte n’engage que son auteur.

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