La francophonie économique toujours en chantier

EVENEMENT. Plusieurs pistes ont été évoquées lors du second Forum économique de la Francophonie qui s’est tenu à Paris ce mardi : marché commun, banque centrale francophone, harmonisation du droit.

Avec 20% dans les échanges mondiaux des marchandises, la francophonie n’est plus seulement un enjeu culturel, elle recèle également un potentiel économique … encore peu exploité. En témoignait mardi dernier à Paris les discussions de la seconde édition du Forum économique de la Francophonie qui réunissait outre les présidents sénégalais et gabonais de nombreux acteurs économiques.

Un an après la tenue du dernier sommet institutionnel à Dakar, il s’agit encore de fonder un espace économique francophone puissant à partir des projections qui établissent à 700 millions le nombre de francophones dans le monde d’ici 2050.

« C’est une grande et vaste maison à construire, une salle commune, un mur porteur d’avenir »

« C’est une grande et vaste maison à construire, une salle commune, un mur porteur d’avenir » a ainsi déclaré le communiquant et organisateur Richard Attias à l’ouverture de la rencontre. Une vaste maison bâtie sur « les opportunités qu’offre désormais le continent africain », comme l’a rappelé à la suite le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, eu égard à sa croissance économique et démographique. Il a également évoqué le rapprochement entre l’Agence Française de Développement et la Caisse des Dépôts et Consignations.

Afficher l'image d'origine

 

Passeport francophone

Un an après la publication du rapport de Jacques Attali qui avait commencé à ouvrir le débat sur la francophonie économique, les premiers actes concrets semblent pourtant encore bien en chantier, à l’instar du passeport francophone pour les hommes d’affaires africains qui souhaiteraient se rendre en France et vice versa, bien que Laurent Fabius a affirmé vouloir faciliter la mobilité et assouplir les formalités. Le président sénégalais admettant que « rien n’a encore été fait sur ce plan ».

Autre sujet mis sur la table par son homologue gabonais Ali Bongo, la naissance d’une banque de la francophonie à partir des fonds africains déposés à la Banque de France qui servirait également de banque de développement. Il a ainsi souhaité que « les acteurs puissent se retrouver pour avoir un outil qui soutiendrait plus nos économies, certains pays sont plus dans l’agriculture ou dans les mines, avec de la bonne volonté, on pourrait trouver un modèle ».

« La stratégie de nos banques est trop financière alors que la monnaie doit mieux financer nos économies ».

Banque centrale francophone

« Si nous voulons créer une banque centrale francophone, il n’y a pas de souci. La question monétaire est très sérieuse, a poursuivi Macky Sall, le franc CFA garanti par le trésor français a des atouts : la stabilité monétaire, il faut passer par une monnaie unique pour plus d’intégration et avoir un tarif extérieur commun, il nous faut aller vers des marchés plus élargis. La stratégie de nos banques est trop financière alors que la monnaie doit mieux financer nos économies ».

Quand l’économiste Nicolas Baverez lançait lui un appel à fonder « un traité de libre-échange de l’Afrique de l’Ouest qui intègre un grand marché maghrébin ».

L’an prochain à Madagascar

Cela allant avec la dernière préconisation d’une harmonisation du droit et des réglementations commerciales.

D’autres discussions portaient sur les déséquilibres entre pays développés et en développement de l’espace francophone et sur la mobilisation des épargnes et des retraites européennes dans les infrastructures africaines.

La tenue dans un an à Madagascar du prochain sommet de la Francophonie permettra ainsi d’apprécier les avancées concrètes de ce nouvel espace économique encore en construction.

DIALOGUES DES CONTINENTS

REACTION – Paul Fokam : « Si les zones Franc sont cloisonnées, il n’y aura jamais de facteur d’échange »

Trois questions au banquier camerounais, président d’Afriland First Bank, à l’issue du second forum économique de la francophonie qui s’est tenu à Paris ce 27 octobre.

Afficher l'image d'origine

DIALOGUES DES CONTINENTS : La francophonie économique, n’est-ce pas plus des mots que des actions concrètes ?
PAUL FOKAM : Je ne pense pas. C’est un début de réflexion. Dans la plupart des forums, il y a toujours plus de réflexion que d’action. En tant qu’acteur économique, j’aurais préféré plus d’action que de réflexion.
Quelles sont les actions à mener selon vous ?
L’action principale à mener c’est de chercher les voies et moyens pour intégrer effectivement les zones.
La banque centrale francophone est-elle selon vous quelque chose de tangible ?
C’est une utopie. Le problème c’est de permettre aux différentes zones franc de s’entendre entre elles. Le facteur économique est un facteur d’échanges. Si les zones Franc sont cloisonnées. Il n’y aura jamais de facteur d’échanges.

Leave a Reply