Jalloul Ayed : « Promouvoir une nouvelle politique agricole en Afrique »

INTERVIEW. Jalloul Ayed candidat tunisien à la présidence de la Banque Africaine de Développement évoque pour nous sa vision du secteur agricole et l’émergence d’autres banques de développement en Afrique

 

 

Quelle sera votre action en faveur du secteur agricole africain ?

C’est un secteur très important même si la Banque n’y est plus aussi active qu’il y a quelques années. C’est un secteur qui continue à être une source de vie pour la plus grande partie de la population africaine. Plus de 60% de la population vit en milieu rural et se nourrit des forêts, de l’agriculture. C’est aussi un secteur qui connaît des difficultés. L’Afrique est tributaire d’aléas climatiques qui peuvent avoir un effet pervers sur l’agriculture. L’Afrique est très sensible aux changements climatiques, c’est une raison majeure pour laquelle il faudrait y attacher une importance particulière. 60% des terres étant arides. Une politique devrait être menée en faveur d’une intensification agricole, produire plus avec moins, avec de nouveaux fertilisants qui peuvent donner espoir dans des pays aux conditions arides. La BAD aidera à estimer l’impact des variations climatiques sur l’agriculture. La BAD intervient très peu dans le financement du secteur agricole.

Comment voyez-vous l’arrivée de nouvelles banques de développement en Afrique, celle des Brics et la chinoise ?

C’est une bonne chose car l’Afrique a besoin du maximum de contributions de la part du maximum d’institutions financières. Si je suis élu, je ferai que la Banque continue d’être la première banque de développement africaine, le partenaire de choix de ces autres banques. Si la banque des BRICS contribue au développement du continent, c’est une bonne chose, si elle le fait en partenariat avec la BAD, c’est encore une meilleure chose à condition que l’initiative adhère aux objectifs de la Banque. Deuxième condition : que les priorités sur les projets financés puissent respecter aux principes et aux valeurs de la Banque et qu’enfin celle-ci ait un droit de regard. Quand l’on regarde le déficit dans le financement des infrastructures qui se situe à hauteur de 50 milliards par an, on a besoin de ces nouvelles forces. C’est une opportunité pour nous.

 

Propos recueillis par R.D.

 

 

 

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