Akinwumi Adesina : « La relance des économies rurales donnera de l’emploi »

INTERVIEW. Le ministre nigérian de l’Agriculture candidat à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD) a accordé en fin de semaine dernière quelques instants à Dialogues des Continents à l’occasion de sa venue à Paris.

 

DIALOGUES DES CONTINENTS : Quelle sera, si vous êtes élu, votre action en direction des économies africaines durement affectées par Ebola et par le terrorisme ?

Dr AKINWUMI ADESINA : En ce qui concerne ces économies affectées, je vais commencer en disant qu’il y a aujourd’hui 29 pays fragiles qui constituent 53% du continent. Il faut donc bien comprendre la source de ces fragilités. Je veux beaucoup mettre l’accent sur ça. La source de la fragilité vient d’Ebola, du terrorisme, du changement climatique et de la dégradation des environnements, à cause de la baisse des cours de matières premières, du niveau de chômage très élevé. Pour la Guinée, le Sierra Leone et le Liberia, qui ont été les plus touchés, je veux les aider sur les questions budgétaires. Ces pays ont eu une croissance importante durant les 50 dernières années. Il faut avoir le guichet qui leur permet de réaliser les dépenses sociales très importantes. La BAD a très bien agi, comme la Banque Mondiale, durant Ebola. Il faut que la BAD regarde le déficit d’infrastructures dans ces régions-là. Dans les pays fragiles, il y a moins d’infrastructures, moins de systèmes de santé publique, c’est une raison qui a provoqué cette situation. Je veux m’engager là-dessus.

A combien estimez-vous les besoins ?

Je ne peux pas en parler pour le moment. Les décisions sont prises avec les gouvernements. Concernant le terrorisme qui frappe beaucoup de pays, le nord du Kenya, le nord du Mali, le nord du Nigéria, etc … ce sont des zones avec beaucoup de ressources mais aussi avec beaucoup de pauvreté. Ma priorité à la BAD sera donc la relance des économies rurales en Afrique, il faut transformer les secteurs agricoles, c’est cela qui va donner de l’emploi, diminuer l’exode rural, cela va diminuer la fragilité de ces zones et créer des zones de prospérité nouvelles pour l’Afrique et donc en réduire de beaucoup l’insécurité de certains coins.

 

Propos recueillis par Rémy Darras

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