A la Mosquée de Paris : « Obscurité et obscurantisme, c’est le même mot »

RENCONTRE. On parlait énergie ce mardi à la Mosquée de Paris en compagnie du recteur Dalil Boubakeur et de Jean-Louis Borloo qui poursuit son plaidoyer pour l’électrification du continent africain.


C’est bien connu, le XXIème siècle sera spirituel. L’Afrique un continent d’avenir. Mais si décidément la fée électricité s’en mêle …
Quelques semaines après le lancement de sa fondation « énergie » et après avoir rencontré la nonciature, c’est un Jean-Louis Borloo plutôt mystique qui avait invité mardi après-midi quelques journalistes dans la bibliothèque de la grande mosquée de Paris en compagnie de son recteur Dalil Boubakeur pour parler de ce thème.

« Méthodologiquement très simple »

Rebondissant à la sourate « Lumière » du Coran citée par le recteur Boubakeur Jean-Louis Borloo affirme : « Obscurité et obscurantisme, c’est le même mot. L’Europe des Lumières doit éclairer les âmes, les cœurs et les consciences ».

L’équation proposée par l’ancien ministre est simple, si l’Afrique ne se développe pas et ne s’électrifie pas, le monde tremblera et se radicalisera. Ses solutions : après avoir rencontré 34 présidents africains en vue de constituer une agence, il en conclut qu’il n’y a aucun problème technique pour passer de 25% à 100% d’électricité sur le continent. Il le martèle : « c’est méthodologiquement très simple et c’est économiquement rentable ».

Si les contours des futurs projets ne sont pas connus et s’il en confie la responsabilité future à ses interlocuteurs africains, c’est d’abord une pétition de principe que l’ancien ministre souhaite faire adopter : « On doit bâtir un plan qui permette de tout faire, sinon il y aura la guerre, c’est le premier projet co-opéré par l’Afrique noire, l’Afrique arabe et par l’Europe qui comprend de nombreuses communautés musulmanes, c’est un grand projet de réconciliation ».

D’autant plus rappelle-t-il que le potentiel est là : « une production d’énergie renouvelable la moins chère du monde, la géothermie la plus performante, le vent le plus stable du monde, l’hydraulique … ». En soulignant aussi l’écart entre le pouvoir d’achat et la facture finale.

Pouvoir public

Rejoignant dès le lendemain la péninsule arabique pour faire valoir ses convictions en matière énergétique, Jean-Louis Borloo assure avoir reçu une validation de son plan par la Banque Africaine de Développement et par des institutions financières internationales et panafricaines. « On est déjà très conscients des besoins énergétiques en Afrique, réagit la journaliste camerounaise Marie-Roger Biloa, On ne peut pas dire que tout est à faire, il y a déjà beaucoup d’initiatives et un certain nombre de projets lancés par l’Union Africaine, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest, la Communauté Economique et Monétaire des Etats d’Afrique Centrale ».

« Le projet, poursuit l’ancien ministre, est conçu par chaque pays africain, ce n’est pas quelqu’un qui a conçu ça dans son bureau à Paris. On regarde les ingénieries publiques et les besoins de financement » insistant sur le besoin de fonds publics. « En 1947, il y a eu en France un coup de main des Etats-Unis, 50 milliards pour six pays seulement, c’est notre intérêt de financer cela. Il s’agit de l’analyse des besoins d’un continent par le continent, jamais cela pourra être financé par le marché ».

JEAN-ALEXIS GEORGES

Leave a Reply